La Chambre régionale des comptes de Franche-ComtéLa Chambre régionale des comptes (CRC) de Franche-Comté a été créée, comme dans les autres régions, en application de l'article 84 de la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, départements et régions. Il s'agissait de rapprocher le contrôle des comptes publics, jusqu'alors effectué par la Cour des comptes, des organismes contrôlés dans le sillage de la décentralisation. Elle a fonctionné à partir d'avril 1983 (premiers jugements et contrôles budgétaires en 1985), ayant son siège à Besançon, d'abord dans des locaux provisoires (Centre Saint Pierre, gare routière), puis à compter de 1987 dans la cité administrative Sarrail, et jusqu'en avril 2012. Après cette date, son activité est transférée à la CRC de Bourgogne et Franche-Comté, siégeant à Dijon.
La Chambre régionale des comptes est chargée du contrôle juridictionnel des comptes des collectivités et établissements publics de son ressort territorial, de l'examen de leur gestion, et assiste également la préfecture dans son activité de contrôle budgétaire. Elle exerce ainsi au plan local et régional une fonction similaire à celle que remplit la Cour des comptes vis-à-vis des administrations et organismes d'Etat.
Le contrôle juridictionnel des comptes et l'examen de gestion
Le déclenchement d'un contrôle juridictionnel donne lieu à l'établissement d'un rapport d'examen des comptes (nommé rapport d'instruction jusqu'en 2008), auquel correspond un dossier-liasse-rapport (DLR), soit un dossier de pièces justificatives à l'appui du rapport.
Une réforme a sensiblement modifié la procédure à partir de 2009. Auparavant le rapport était examiné en audience et donnait lieu à un jugement provisoire, auquel l'ordonnateur de la collectivité concernée avait la possibilité d'apporter une réponse écrite ; s'ensuivait la rédaction d'un second rapport et la tenue d'une seconde audience formulant un jugement définitif. S'il y a lieu de sanctionner négativement la tenue des comptes de la structure, le jugement peut mettre eu débet le comptable public, « responsable sur ses propres deniers ». Désormais, si le rapport ne formule aucune réserve concernant les comptes examinés, la Chambre rend une ordonnance de décharge sans tenir audience. Dans le cas contraire, une audience a lieu ; soit aucune charge n'est retenue et elle conduit à une ordonnance de décharge ; soit un jugement est rendu, assorti d'un éventuel débet.
Certaines entités relèvent en principe d'une procédure distincte de vérification comptable appelée apurement administratif, effectuée par la Direction départementale des finances publiques (par le trésorier-payeur-général jusqu'en 2008). Il s'agit des communes en deçà de certains seuils (actuellement : 3 500 habitants et un million d'euros de budget pour l'exercice 2012 ; 5 000 hab. et 3M€ pour les exercices ultérieurs), de leurs établissements publics, des EPCI dans des conditions similaires (5 000 hab. et 2 M€ pour l'exercice 2012 ; 10 000 hab. et 5 M€ pour les exercices ultérieurs), ainsi que des associations syndicales autorisées ou constituées d'office, des associations foncières de remembrement et de leurs unions, et des établissements publics locaux d'enseignement, à compter de l'exercice 2012, dont les ressources sont inférieures à 3 M€. La DDFiP prend un arrêté de décharge (définitif) si les comptes sont en ordre, un arrêté de charges provisoires dans le cas contraire, transmis à la CRC qui le confirme ou l'annule. La CRC dispose en outre d'un droit d'évocation pour les comptes non apurés ou apurés depuis moins de 6 mois, qui lui permet de se substituer aux comptables supérieurs ; elle juge enfin les éventuels recours contre leurs arrêtés ; et est seule compétente pour juger les cas de gestion comptable de fait (depuis une réforme de 1988). Par ailleurs, depuis 2005, deux Pôles interrégionaux d'apurement administratif (Rennes et Toulouse) instruisaient les dossiers et rédigent les arrêtés de décharge et de charge provisoire à prendre par les DDFiP. En 2018, le pôle de Rennes est devenu national et celui de Toulouse a été supprimé.
Les comptes des organismes non contrôlés sont éliminés directement par la Chambre régionale des comptes à l'issue de leur durée d'utilité administrative.
L'examen de gestion est également mené à l'initiative de la CRC, mais cette mission est d'ordre facultatif, quoiqu'elle se soit considérablement développée au fil du temps. Ce n'est plus l'activité du comptable public, mais bien celle de l'ordonnateur, qui est examinée, du point de vue de son efficience au plan financier, sans considération sur l'opportunité des dépenses. Ne s'agissant pas d'une procédure juridictionnelle, elle n'entraîne pas le déclenchement de poursuites, et se clos par la transmission des observations de la Chambre à l'ordonnateur intéressé.
L'examen de la gestion est dans la plupart des cas concomitant du contrôle juridictionnel, et initialement les deux procédures se confondaient dans un seul et même rapport, assorti d'un dossier-liasse-rapport unique. L'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme « Martinie contre France », du 12 avril 2006, a imposé qu'elles soient dissociées, en vertu du droit à la publicité et à l'équité des décisions de justice. Depuis lors, on trouve donc deux rapports et deux DLR distincts, bien que ceux-ci ne soient pas toujours explicitement distingués dans les instruments de recherche.